Les POP, polluants organiques persistants, des substances très courantes

Dioxines, DDT, HAP... ces noms de molécules bien connus défrayent régulièrement la chronique pour leur atteinte à la santé humaine ou à l’environnement. Toutes font partie de la famille des polluants organiques persistants (POP).

Ces molécules, particulièrement toxiques, sont contenues dans de nombreux produits du quotidien : textiles, chaussures, pesticides, plastiques, papiers d’emballages… Certaines d’entre elles - les HAP notamment - sont également présentes naturellement dans les hydrocarbures.

Les POP sont émis dans l’atmosphère lors de combustions incomplètes

De nombreux POP parmi lesquels les dioxines ou PCB sont produits lors de combustion, que ce soit dans des applications industrielles (grosses installations de combustion) ou domestiques (chauffage des habitations, véhicules à moteurs thermiques, feux de jardin, …). Une fois émis, les POPS dispersés dans l’environnement se concentrent par bioaccumulation et sont alors dangereux pour la santé et l’environnement.

Plusieurs textes internationaux et européens - dont le Protocole d’Aarhus et la Convention de Stockholm – visent à contrôler, réduire ou éliminer leur production et leurs émissions dans l’environnement.

Le process cimentier : une valorisation des déchets qui garantit l’élimination des polluants organiques persistants

Chaque année, les 28 cimenteries hexagonales consument 1 million de tonnes de déchets et 850 000 tonnes de combustibles fossiles.

  • Les températures de flamme du four de cimenteries (plus de 2000°C), permettent de dégrader la quasi-totalité (plus de 99,9999%) des molécules de POP.

Les combustibles sont injectés dans la tuyère principale ou la tuyère secondaire du four, afin à la fois de produire et d’alimenter la flamme. Leur combustion à très haute température génère d’une part des cendres, qui sont intégrées dans le clinker, et d’autre part des gaz de combustion. À ces températures, les POP présents dans les combustibles sont détruits

La configuration géométrique particulière du four de cimenterie contribue à piéger les gaz de combustion, qui recirculent dans le four durant une dizaine de secondes avant d’être évacués, ce qui augmente le temps disponible pour détruire les POP.

Ce temps de séjour, combiné aux températures extrêmes qui règnent dans le four, est suffisant pour garantir la destruction de plus de 99,9999% des POP. Ainsi, une quantité infinitésimale de POP est libérée dans l’atmosphère.

La destruction de POP dans une cimenterie est d’autant plus fiable que les conditions de fonctionnement d’un four sont extrêmement contrôlées : la combustion des déchets contenant des POP ou pouvant générer des POP n’est effectuée que lorsque les conditions minimales de température sont garanties.



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