Dans un quartier de Courbevoie en pleine mutation, l’Espace Pompidou vient en lieu et place d’un ancien gymnase éponyme. Ce dernier, véritable gouffre énergétique, ne répondant plus aux normes de confort contemporaines et inaccessible aux personnes à mobilité réduite, était devenu totalement obsolète. Le nouvel équipement conçu par enia architectes (Mathieu Chazelle, Brice Piechaczyk, Simon Pallubicki – chefs de projet : Charlotte Novel et Michaël Lellouche) se situe sur une parcelle mitoyenne du lycée Lucie Aubrac, à l’angle des rues Ficatier et de l’Industrie. Il héberge au sein d’un même bâtiment différentes activités sportives, les activités de l’harmonie municipale et le service des espaces verts de la commune.

 

Intégration urbaine

« L’Espace Pompidou se présente comme une couture entre des bâtiments existants et futurs, il respecte la diversité des équipements tout en affirmant l’identité institutionnelle du gymnase, expliquent les architectes. La sobriété générale de la volumétrie du bâtiment participe de son intégration urbaine et confère à l’édifice la solennité d’un équipement public. Cette figure élémentaire ordonne et oriente le site. La façade avant, largement publique et institutionnelle, qualifie l’entrée et l’accès au site pour les visiteurs. Elle confère une identité forte au lieu et l’ancre durablement dans son contexte. L'enjeu de notre démarche de concepteur a été de proposer un bâtiment capable de faire coexister les exigences spatiales spécifiques des trois ensembles fonctionnels qu’il abrite. La combinaison des contraintes programmatiques et urbaines nous a amenés à proposer un projet organisé sur trois niveaux nous permettant d’assurer l’indépendance de chacune des entités programmatiques tout en minimisant les surfaces de circulation. »

Le volume général est scandé par une série de lignes horizontales qui soulignent chacun des niveaux du bâtiment. Comme le précisent les architectes :« Ces strates successives confèrent à l’édifice une dimension horizontale, qui homogénéise la volumétrie du projet avec les gabarits urbains de la zone. » En façade, le parement en briques de béton blanc alternant avec de grandes baies vitrées donne son unité à l’ensemble et affiche dans l’espace public son caractère institutionnel. Faisant face à un parvis minéral et végétal, la façade sur la rue de l’Industrie présente au rez-de-chaussée un retrait qui marque l’accès principal à l’Espace Pompidou. Sous le porte-à-faux ainsi créé, une grande paroi vitrée invite à entrer tout en offrant aux passants une vue généreuse sur l’intérieur. En partie supérieure, un volume s’élance du corps de bâtiment principal jusqu’au mur mitoyen du lycée. Il fabrique ainsi un grand porche qui abrite partiellement un terrain de basket extérieur et donne accès aux locaux du service des espaces verts, ainsi qu’aux places de stationnement de ses véhicules. C’est en fait dans ce volume que sont implantées les salles de musique et de répétition de l’harmonie municipale. Tout en étant en connexion directe avec le hall, elle est dans une position excentrée par rapport aux différentes salles de sport. Cette organisation permet de répondre aux exigences acoustiques liées aux activités de l’harmonie et de l’isoler des bruits liés aux pratiques sportives, dont les espaces sont regroupés dans le corps de bâtiment principal. Au rez-de-chaussée, le hall d’entrée donne accès à la salle de danse et au dojo. Il offre une vue cadrée en balcon sur la salle de sport annexe dédiée aux entraînements, qui est partiellement encastrée dans le sol pour obtenir la hauteur libre sous plafond nécessaire. La grande salle omnisports se développe sur deux niveaux à partir du premier étage, où se trouve également un espace double hauteur qui constitue un foyer et un lieu de réception. Par sa façade entièrement vitrée, il s’ouvre en surplomb sur le parvis. Le palier du second étage vient en mezzanine sur le foyer et conduit à la tribune de la salle omnisports, ainsi qu’aux salles de musique et de répétition de l’harmonie municipale. 

 

Enveloppe en briques de béton blanc

L’ensemble du projet est construit en béton coulé en place. La structure est essentiellement constituée de voiles porteurs. La toiture légère de la salle omnisports est portée par des poutres en béton reprises par des poteaux du côté de la façade sur la rue Ficatier et par une grande poutre-voile située au-dessus des gradins, de l’autre côté. La compacité du bâtiment limite le développé de façades et donc les échanges thermiques avec l’extérieur. L’édifice est entièrement isolé par l’extérieur. Les façades revêtues de briques de béton blanc préfabriquées mettent en valeur la composition volumétrique de cette réalisation, tout en offrant une vibration de textures. Ce revêtement a aussi été choisi par les architectes pour sa pérennité et sa facilité d’entretien. 

Localiser la réalisation

Fiche technique

Reportage photos : Epaillard Machado

  • Maître d’ouvrage : ville de Courbevoie
  • Maîtrise d’œuvre : enia architectes
  • BET : Cap Ingélec
  • Entreprise (clos couvert : VRD, gros œuvre, étanchéité, façade) : Batiouest
  • Fabricant des briques béton : Blocstar
  • Surface : 3 348 m2 SDP 
  • Coût : 4,8 M€ HT

Programme : construction d’un complexe intégrant des espaces sportifs (salle omnisports, dojo, salle d’entraînement, aire de jeux extérieure) et culturels (salle de danse, salles de musique et de répétition musicale), ainsi qu’une entité dédiée au service municipal des espaces verts.



0 commentaires
Voir aussi
  • 12/12/2015
    Hauts-de-Seine
    Rénovation et extension de la piscine Henri Wallon
    Le projet conçu par l’agence Dominique Coulon et associés compose un ensemble harmonieux sur le thème de la minéralité avec son extension sculpturale en béton gris clair. La restructuration et l’extension de la piscine Henri Wallon à Bagneux s’inscrivent dans une zone urbaine en réaménagement. L’objectif était d’augmenter la taille des installations existantes afin d’offrir à la population un équipement de meilleure qualité. 
  • 01/01/1999
    REVUE
    Construction Moderne n°98
    Près de cinq cents étudiants sont entrés en lice : la session 1998-1999 du concours Bétons, matière d’architecture est maintenant bien lancée.Mais c’est en juin prochain, au moment de la proclamation des résultats, que le concours connaîtra son point d’orgue. Quatrième du nom, ce concours est bien sûr une preuve du dynamisme de la filière béton. Davantage encore, c’est une démonstration renouvelée de l’intérêt des étudiants pour ce matériau d’avenir.
  • 01/08/2009
    COLLECTION TECHNIQUE
    B62. Architecture : construire en béton préfabriqué. Guide pour l’utilisation d’éléments en béton architectonique dans les projets d’architecture
    Le béton préfabriqué architectonique est l’un des matériaux les plus complets dont dispose l’architecte pour traduire sa vision des bâtiments et des ouvrages. Dans ce guide, on trouvera l’essentiel de ce qu’il faut savoir pour concevoir et prescrire des éléments en béton architectonique dans les projets d’architecture.