Vue de l’extension depuis le jardin bas.

Sur un terrain enclavé, entre végétation et vallonnement, et fractionné en trois niveaux de terrasses soutenues par des murs de pierres sèches, se dresse un mazet typique de la région gardoise. L’extension de cette maison, qui n’était jusqu’à présent qu’une résidence secondaire, doit permettre à Benoît et Roselyne de réunir épisodiquement enfants, petits-enfants et amis. Dans ce paysage partagé entre verdure et minéralité, émerge du sol un volume en béton, monolithique et sculptural, qui résonne avec la mémoire du site, jadis une carrière. Ce volume se joue de la lumière et des ombres qui révèlent sa forme facettée et affirment sa présence et son écriture contemporaine sans pour autant nier sa parenté avec le mitoyen. À l’instar du mazet existant, l’extension se développe en deux corps de bâtiment accolés. Le premier forme un carré, d’environ 5 m sur 6, qui correspond aux dimensions courantes des petits mas de la région.

Le second est rectangulaire et d’un seul niveau. Par ses dimensions, son orientation, ses ouvertures et sa matérialité, le projet s’inscrit dans la logique des constructions existantes. Il transpose les codes archétypaux du mas provençal traditionnel en réinterprétant les caractéristiques typologiques de l’existant dans une écriture architecturale contemporaine », expliquent les architectes de l’agence Dixneufcentquatrevingtsix, Mathilde Gaudemet et Arthur Ozenne. L’extension accueille au rez-de-chaussée le salon et l’escalier, deux chambres au premier étage et une grande terrasse en toiture (R+2), protégée par l’enveloppe du volume général. La partie neuve du projet est entièrement construite en béton, laissé brut de décoffrage. Il est composé de ciment blanc, teinté dans la masse, afin de s’approcher de la couleur de la maison existante. Les voiles sont coulés en place dans des banches métalliques.

Ces dernières ont été doublées de contreplaqués bakélisés afin de garantir l’homogénéité d’aspect du béton. Cette peau en fond de coffrage a été calepinée de façon à imprimer avec précision sur le parement du béton brut les rythmes ainsi que les jeux de surfaces et de lignes dessinés par les architectes en façade. Les joints ont été retracés à la scie circulaire, créant une légère ombre et marquant un peu plus leur rythme. Les trous de serrage des banches métalliques sont également exprimés et viennent perturber de manière irrégulière et aléatoire la lecture de la trame des joints.

Reportage photos : Florian KLEINEFENN

Maître d’ouvrage : privé – Maître d’œuvre : Dixneufcentquatrevingtsix (Mathilde Gaudemet, Arthur Ozenne, architectes associés) – BET structure : I+A – Entreprise gros œuvre : Marrel Frères – Surface : 90 m2 SHON/SDP – Coût : 280 000 € HT – Programme : extension du mazet :  2 chambres, terrasse en toiture accessible.



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