L’immeuble haut est desservi par des coursives donnant sur le jardin aux étages impairs, et sur la future voie prévue par la ville pour les étages pairs.

L’ensemble de 53 logements sociaux « Machu Picchu » se situe dans le quartier de Fives, ancien faubourg populaire et industriel de Lille. Héritier de son passé industriel, le paysage urbain est ici marqué par de longues rues minérales constituées de rangées de maisons ouvrières dissimulant leurs jardins en cœur d’îlot.

Des architectures de grandes dimensions jouent ponctuellement un rôle de repères dans la ville. Ces vastes volumes contrastent avec le tissu serré et l’échelle des maisons. Ce sont souvent des usines et parfois des équipements publics. La rue de Lannoy dans laquelle se situe l’opération en est un parfait témoignage. L’alignement régulier des maisons ouvrières est ponctué par le volume monumental de la salle des fêtes, un édifice Art déco classé monument historique.

Le projet conçu par l’architecte Sophie Delhay propose d’enrichir la rue de Lannoy par une nouvelle séquence végétale. Il se compose de deux immeubles parallèles, disposés perpendiculairement à la rue Lannoy. Ils enserrent un jardin ouvert sur la rue et l’espace public très minéral du quartier. Chacun des deux immeubles s’inscrit dans le gabarit de ses voisins, sans chercher à aplanir les différences existantes. L’un est bas et découpé, dans la continuité des maisons ouvrières, tandis que l’autre, qui fait face à la salle des fêtes, s’élève à 21 m de hauteur. Cette similitude d’échelle instaure un dialogue entre les deux bâtiments, de part et d’autre de la future voie, qui sera créée entre eux.

L’immeuble haut est desservi par des coursives donnant sur le jardin aux étages impairs, et sur la future voie prévue par la ville pour les étages pairs.
Chacun des deux immeubles s’inscrit dans le gabarit de ses voisins.

Espaces à partager

Les habitants passent par le jardin pour atteindre le hall d’entrée de chaque immeuble. Une coursive unique, conçue comme un grand balcon donnant sur le jardin, court le long du 1er étage de l’immeuble bas. Elle dessert les logements en simplex et duplex situés à ce niveau. L’accès aux appartements situés au rez-de-chaussée, R+2 et R+3 se fait par l’arrière. L’immeuble haut est desservi de façon plus systématique par des coursives alternant à chaque niveau. Elles donnent sur le jardin aux étages impairs, et sur la future voie prévue par la ville pour les étages pairs.

Différents et décalés d’étage en étage, des espaces partagés traversent toute l’épaisseur de cet immeuble en prolongeant les coursives. Ces « salons d’étage » en balcon sur la ville sont autant d’espaces à partager offerts à l’appropriation des habitants.

L’ensemble du projet (structure et façades) est réalisé en béton coulé en place et répond au niveau de performance BBC. Les façades donnant sur le jardin sont revêtues d’une peinture minérale blanche, qui met en lumière et en valeur l’espace végétal. Celles qui sont tournées vers l’espace public sont peintes en gris. Le parement du béton est animé de façon aléatoire par les empreintes des mains des ouvriers, réalisées à partir de pochoirs fabriqués selon les formes de leurs mains.

Plan r+2
Différents espaces à partager, peints en jaune, traversent le grand immeuble et sont o erts à l’appropriation des habitants.
Le jardin s’ouvre sur la ville.

Reportage photos : Julien LANOO

Maître d’ouvrage : SIA Habitat – Maître d’œuvre : Sophie Delhay, architecte ; Marlène Galland, chef de projet – Environnement : RFR éléments – Paysagiste : Taktyk paysage – Entreprise générale : Orpac – Surface : 5 085 m2 SHON, admin. 3 980 m2 SHAB – Coût : 6,1 M€ HT compris parking souterrain et VRD – Programme : 53 logements locatifs sociaux et espaces partagés (8 T2, 28 T3, 11 T4, 6 T5).



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