Par son jeu sculptural de pleins et de vides, le bâtiment renvoie autant au vocabulaire naval que militaire.
Par son jeu sculptural de pleins et de vides, le bâtiment renvoie autant au vocabulaire naval que militaire.

L’avenue André Roussin relie la fin du Port Autonome de Marseille à l’autoroute A55. Dans ce secteur du 16ème arrondissement, au nord de la ville, le contexte urbain est assez chaotique. Les bâtiments de bureaux ou d’activités de la zone franche urbaine (ZFU), longeant l‘avenue, y côtoient les portiques, les containers, les navires porte-containers de la zone portuaires, des grandes surfaces commerciales, des hangars de stockage, ainsi que des quartiers d’habitations pavillonnaires.

Les décalages, les mises en suspension, le rythme des opacités et des transparences sculptent ce bâtiment, dont la matérialité brute et l’élégance s’inscrivent avec force et pertinence dans le quartier.
Les décalages, les mises en suspension, le rythme des opacités et des transparences sculptent ce bâtiment, dont la matérialité brute et l’élégance s’inscrivent avec force et pertinence dans le quartier.

Un bâtiment signal

« Le terrain sur lequel nous avons réalisé ce projet est très particuliers. Il s’agit en fait d’un délaissé routier consécutif à la création de l’avenue Andrée Roussin. Sa forme en triangle, son étroitesse (le côté opposé à la pointe mesure seulement 9 m de long), sa faible superficie (172 m2) et son emprise constructible au sol limitée à 40 m2 le rendaient à première vue inexploitable, commente l’architecte Pascal Marret. Dans ce contexte urbain brutal, nous avons privilégié dans notre démarche le travail sur la forme architecturale et l’esthétique. Du fait de l’exiguïté de l’emprise au sol, nous avons étiré au maximum notre projet en hauteur, dans la limite des possibilités offertes par le règlement d’urbanisme. Par sa forme, son implantation, ses proportions, ses lignes, le jeu sculptural des pleins et des vides, qui le composent, notre bâtiment renvoie autant au vocabulaire naval que militaire. Son étrave prône la verticalité, deux pignons pleins de béton font face à l’avenue André roussin tandis que sa poupe laisse s’échapper un porte-à-faux, ouvert vers le port par une large baie vitrée. »

Façade sud, un porte-à-faux s’ouvre vers le port par une large baie vitrée.
Façade sud, un porte-à-faux s’ouvre vers le port par une large baie vitrée.

S’il renvoie à l’environnement portuaire et industriel du lieu, le béton brut choisi par les architectes façonne le jeu des volumes, des porte-à-faux, des pleins et des vides qui composent l’édifice. Les décalages, les mises en suspension, le rythme des opacités et des transparences sculptent ce bâtiment, dont la matérialité brute et l’élégance s’inscrivent avec force et pertinence dans le quartier. Enchâssé entre un tissu pavillonnaire à l’Est et l’avenue André Roussin à l’Ouest, il abrite un centre dentaire.

Sur une parcelle triangulaire très étroite, le centre dentaire est enchâssé entre un tissu pavillonnaire à l’Est et l’avenue André Roussin à l’Ouest.
Sur une parcelle triangulaire très étroite, le centre dentaire est enchâssé entre un tissu pavillonnaire à l’Est et l’avenue André Roussin à l’Ouest.

Lumière et matière

Face à l’avenue, le hall d’entrée largement vitré dessert la banque d’accueil et l’escalier de distribution à crémaillère composé limons latéraux en acier et de marches en bois. Une salle de soin assortie d’un bureau aménagé dans la partie la plus étroite du projet (côté Nord) complète le niveau du rez-de-chaussée. L’escalier, baigné de lumière naturelle, débouche sur la salle d’attente au 1er étage, où se répartissent également une seconde salle de soin, une salle de stérilisation, une pièce pour prendre des radiographies dentaires panoramiques (panorex), ainsi qu’un sanitaire et des vestiaires. Le 2ème étage, desservi par un escalier en béton brut, traité comme un véritable canon à lumière, est réservé à la salle de détente. Enfin la salle de chirurgie se situe au sous-sol. L’organisation spatiale et fonctionnelle est toujours guidée par le soin porté aux arrivées et à la présence de la lumière naturelle. Dans les espaces intérieurs, partout où cela était possible, les architectes ont laissé les plafonds et les planchers en béton apparent. Des mobiliers (banque d’accueil), des cloisons, des habillages en chêne participent avec la minéralité du béton à l’ambiance des lieux.

Dans les espaces intérieurs, partout où cela était possible, le mobilier, les cloisons et les habillages en chêne participent avec la minéralité du béton à l’ambiance des lieux.
Dans les espaces intérieurs, partout où cela était possible, le mobilier, les cloisons et les habillages en chêne participent avec la minéralité du béton à l’ambiance des lieux.

Exprimer la forme

Le bâtiment est entièrement construit avec un béton classique mise en œuvre dans des banches métalliques. L’ensemble des façades est laissé brut de décoffrage. Le savoir-faire de l’entreprise de gros-œuvre et son engagement se voient dans la qualité des parements bruts obtenus. Pascal Marret souligne :« ce projet se caractérise par un important travail et un dialogue approfondi entre nous architectes et l’ingénieur du bureau d’études pour optimiser la structure et faire en sorte que ce qui est construit corresponde à l’épure et au dessin du projet. Pour cela, il a fallu adapter toutes les retombées potentielles de poutres ou autres décaissés pour les porte-à-faux, afin de ne voir aucun des éléments structurels dont la présence est nécessaire pour tenir les planchers ou les porte-à-faux. Nous avons ainsi des bandes noyées, des poutres voiles et consoles. Les qualités structurelles du béton et la continuité de sa matière, nous ont permis d’obtenir le résultat souhaité, tant du point de vue volumétrique que plastique. »

 

 

Lauréat du Trophée béton Pro 2019, le projet est également nominé pour le prix ADC AWARDS 2020 dans la catégorie vie citoyenne.

 

Fiche technique

Reportage photos : Lisa Ricciotti

  • Maitrise d’ouvrage : SCI TOURROLIER BRISOU
  • Maitrise d’œuvre : SARL MARRET&FERNANDEZ Architectes
  • BET Structure :  BET POLYSTRUCTURE 
  • Entreprise gros-œuvre : RT Construction 
  • Surface : 194  m² SP
  • Coût : n.c
  • Programme : Centre dentaire comprenant : 2 salles de soins, 1 salle de chirurgie, 1 salle de stérilisation, 1 local panorex, 1 espace attente, 1 sanitaire public PMR, 1 sanitaire personnel, 1 salle de détente +douche

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