L’escalier est éclairé naturellement par la façade entièrement vitrée.

Construit en 1929, l’immeuble situé au numéro 55 de la rue d’Amsterdam dans le 8e arrondissement de Paris a fait l’objet d’une restructuration lourde à la fois audacieuse et respectueuse du contexte historique, conduite par les architectes Élizabeth Naud & Luc Poux. Il en résulte une alliance parfaite entre les éléments anciens conservés et mis en valeur et les éléments contemporains, qui donne toute sa qualité à ce projet ancré dans le Paris historique. 

Mur d’échiffre en béton blanc

« Dans cette restructuration lourde de 2e génération, conjointement à la création d’espaces de bureaux correspondant aux usages contemporains, nous avons eu le souci de réparer les outrages du temps. L’immeuble avait en effet perdu un grand nombre de ses éléments caractéristiques lors de la première restructuration de 1995. En particulier, l’escalier monumental de 1929 a été démoli à cette époque. Certains principes fondamentaux du bâtiment initial ont donc été réintroduits dans notre projet comme l’idée d’un accès de plain-pied depuis la rue d’Amsterdam, d’un jardin également en continuité visuelle et physique depuis le rez-de-chaussée, d’un escalier monumental éclairé naturellement », expliquent les architectes. 
Le nouvel escalier monumental, qu’ils ont conçu, trouve sa place au cœur de leur projet de restructuration. Il permet de desservir tous les étages sans exception et occupe une position stratégique au niveau des plateaux de bureaux. Il est éclairé naturellement par la façade entièrement vitrée derrière laquelle il se développe et qui donne sur une cour intérieure.

Enfin, il partage un palier commun avec une batterie de trois ascenseurs. Le nouvel escalier irrigue correctement tous les flux intérieurs et favorise les rencontres informelles. Il offre des parcours à la lumière du jour qui incitent à l’emprunter et allègent ainsi le trafic des ascenseurs. Pour obtenir le palier commun central entre ascenseurs et escalier, les architectes ont choisi de décaler côté façade les volées de l’escalier et de les porter par un mur d’échiffre. Grâce à cette solution technique et constructive, la façade est libérée des contraintes structurelles liées à cet ouvrage. Présentant en plan une forme de boomerang, ce mur d’échiffre est ajouré par des percements en losange, répartis suivant le plan de ferraillage global du mur d’échiffre. Au rythme d’un niveau tous les dix jours, il a été réalisé avec un béton fibré blanc autoplaçant coulé en place dans un coffrage métallique en forme de boomerang, fabriqué sur mesure et qui pèse 5 tonnes. D’une hauteur d’étage, il se compose de 2 banches jointes aux extrémités. Les réservations pour les percements sont découpées au laser dans les banches en acier. Les mannequins en contreplaqué, qui vont permettre d’obtenir les ajours en losange du mur d’échiffre, sont mis en place dans le coffrage par ces réservations. Ces mannequins sont habillés d’une chaussette en silicone. Elle assure une étanchéité parfaite entre le mannequin et la banche en acier, ce qui est fondamental avec un béton fluide comme le béton autoplaçant. 


Les marches peuvent présenter un porte-à-faux allant de 1,40 m à 1,68 m. Chaque marche 
a une épaisseur différente, qui peut varier de 8,5 cm à 12,5 cm, en fonction de sa position dans la volée. Elles sont ancrées dans le mur d’échiffre à l’aide de 3 torons en acier de 40 mm de section vissés dans des réservations prévues à cet effet. Les marches sont elles aussi coulées en place. Par volée, chaque marche a un coffrage spécifique. 
 

Reportage photos : Schnepp RENOU

Maître d’ouvrage : Gecina – Maître d’œuvre : Élizabeth Naud & Luc Poux, architectes associés ; Natalia Godlewska, assistante de projet – Maîtrise d’œuvre d’exécution : SCO – BET structure et fluides : Egis – Entreprise générale : Dumez – Surface : 12 515 m2 SUBL (surface utile brute locative) – Coût : non communiqué – Programme : réhabilitation lourde d’un immeuble de bureaux.



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