La baisse des émissions de l'industrie cimentière

Engagés sur une ambitieuse trajectoire de décarbonation, les industriels cimentiers déploient actuellement les leviers qui leur permettront :

  • entre 2015 et 2030, d’abaisser de 24 % les émissions de CO2 de chaque tonne de ciment produit. Efficacité énergétique, utilisation de biomasse en remplacement des combustibles fossiles et nouvelles formulations des ciments sont les trois principaux leviers de cette importante étape de transformation du secteur ;
  • puis d'ici 2050, de diminuer de 85 % les émissions de CO2 grâce aux technologies de rupture type CSCV - Captage, Stockage du CO2 et Valorisation - en cours de développement.

Avec une réduction constante de ses émissions de CO2 depuis 1990, l’engagement de longue date de l’industrie cimentière vers une production plus sobre en carbone s’affirme toujours davantage.

La décarbonation et la construction béton

L’industrie cimentière se mobilise pour travailler avec l’ensemble des acteurs de la filière de la construction pour actionner les très nombreux leviers de réduction de l’empreinte carbone des bâtiments. Une baisse de plus du tiers du poids carbone de la partie en béton des ouvrages est atteignable d’ici 2030.

Pour aller vers cette réduction de l’empreinte carbone, plusieurs voies sont possibles : réduire les impacts de chaque composant et matériau constitutifs du bâtiment, réhabiliter l’ancien au lieu de démolir. Pour le matériau béton, il est également possible d'intégrer davantage de processus innovants en repensant la conception des ouvrages. Cette réflexion sur la conception des ouvrages peut amener à utiliser un béton aux propriétés plus adaptées et donc faire baisser le poids carbone de l'ouvrage, avec un mot d'ordre « faire mieux en utilisant moins et mieux le matériau ».

La construction bas carbone c’est une démarche de progrès, l’affaire de tous, qui doit profiter de la complémentarité des performances entre les matériaux, sans exclure, en jouant intelligemment sur la mixité des matériaux.

Le béton, un matériau qui répond de manière optimale aux enjeux d’aujourd’hui

Le béton propose des solutions aux exigences sociétales qui visent à une conception urbaine résiliente et durable :

  • prévention des îlots de chaleur ;
  • stockage de l’eau en surface (bassins, déversoirs...) ou sur les toits permettant de réintroduire dans la ville des étendues d’eau à l’air libre ;
  • structures drainantes et poreuses, qui, en désimperméabilisant les surfaces urbaines, préviennent le ruissellement des eaux pluviales ;
  • surfaces végétalisées, qui permettent de renaturer les bâtiments et les aménagements (chaussées, trottoirs, façades et toits de la ville).

Le béton apporte également des réponses à la question des nouvelles mobilités ; en permettant de valoriser l’espace souterrain, il permet de développer les réseaux de mobilité douce.

Atteindre la neutralité carbone de la construction en 2050, est une ambition structurante qui repose sur les efforts collectifs de l’ensemble des acteurs de la construction pour intégrer les points environnementaux dans les projets urbains et à chaque étape de la vie des ouvrages, de la conception à la réhabilitation.

 

Une industrie engagée dans la décarbonation

 

Les ciments "bas carbone" : de nouveaux mélanges ternaires

Les ciments à basse empreinte carbone sont en cours de certification NF. Cette étape obligatoire du contrôle de conformité d'un produit est à l'origine du délai entre la parution d’une norme (ici la NF 197-5, parue en octobre 2021) et la mise sur le marché des produits couverts par cette norme.
Art 5- Decarbonatation_beton_HD-7

FastCarb : Stocker du CO2 avec les granulats de béton recyclé

En France, sur de 200 millions de tonnes de déchets inertes produites par an par le secteur du bâtiment et des travaux publics, 17 millions de tonnes sont à base de béton uniquement. Trouver une utilité à ces derniers, tout en contribuant à réduire l’empreinte carbone du ciment, c’est l’objectif ambitieux que poursuit le projet FastCarb, articulé autour de la recarbonation.
les étapes du process de capture et stockage du CO2 (CCS/CCU)

Capturer (CCS) et valoriser le CO2 (CCU) : des technologies pour lutter contre le réchauffement climatique

La baisse de l’empreinte carbone de l’industrie cimentière est un process continu puisque les émissions ont baissé de 40 % entre 1990 et aujourd’hui et la trajectoire fixée prévoit une baisse supplémentaire de 24 % d’ici 2030. L’ensemble de la profession travaille parallèlement sur les innovations de demain qui permettront d’aller plus loin et d’atteindre une réduction de 80 % des émissions en 2050.

Réhabiliter ou comment réduire l’impact carbone en donnant une nouvelle vie aux bâtiments

Applicable dès 2022, la RE2020 a notamment pour objectif de calculer et diminuer l’impact carbone des bâtiments. Les premiers retours d’expérience démontrent indéniablement que l’approche matériau seule est insuffisante et que construire bas carbone n’est pas une question de matériau mais d’approche. Et qu’en fonction des objectifs visés, une réhabilitation, même lourde, pèse moins en émission carbone qu’une construction neuve.

Fours de cimenteries : en route vers la sobriété énergétique

L’industrie cimentière investit régulièrement dans l’amélioration de ses fours de production. L’enjeu est double. Il s’agit d’une part d’en optimiser la productivité, et d’autre part d’en améliorer l’efficacité énergétique. De l’étanchéité à l’air à la mise en œuvre de technologies innovantes en passant par la maintenance régulière des installations ou les projets de R&D, les pistes d’optimisation énergétiques sont nombreuses.
Essentiel 2020-chiffres 2019 - page schémas Valorisations du process

Valorisation matière et efficacité énergétique dans le process cimentier

L'industrie cimentière participe à l'effort collectif pour la préservation des ressources naturelles et le traitement des déchets. Certains déchets sélectionnés pour leur compatibilité avec le procédé cimentier sont valorisés en cimenterie en remplacement des combustibles fossiles : c'est la valorisation énergétique.
Schéma préchauffage prez process par EFB

Avec le précalcinateur, l’efficacité du four des cimenteries augmente et les émissions carbone diminuent !

Les cimenteries à voie sèche les plus modernes sont dotées de préchauffeurs à plusieurs étages et d’un précalcinateur. Alimenté en gaz de refroidissement recyclés et en combustibles alternatifs (déchets, biomasse...), cet ensemble permet d’entamer la combustion de la farine crue jusqu’à la calcination de celle-ci (40 % de la calcination effectuée) avant l’introduction dans le four.


Voir aussi
  • 22/05/2019
    ciment
    Conditionnement et expédition du ciment et du béton
    Grâce à un maillage territorial homogène des différents lieux de production de la filière ciment et béton (carrières, cimenteries, centrales à béton et usines de préfabrication) les distances entre les lieux de production et les chantiers sont très faibles. Cependant, les volumes transportés sont conséquents la réduction de l’empreinte due aux transports représente donc un enjeu non négligeable.
  • 06/04/2018
    Durabilité des ouvrages
    La principale qualité du béton c'est sa durabilité qui lui confère un cycle de vie très long et limite son impact environnemental.